
Les conclusions de la conférence Ambition France Transports : un nouveau coup d’épée dans l’eau ?
On le craignait, c’est en bonne voie. Notre talentueux gouvernement (qui a endetté légèrement le pays, qui a déconstruit ses services publics, qui s’est impliqué dans des conflits qui ne le regardent pas, dont la diplomatie extérieure fait pitié, etc.) continue de jouer au jeu du « Discutez et travaillez à des solutions, ça libèrera vos anxiétés du moment, mais on n’en tiendra pas compte, soyez-en sûrs. » La Lettre Contexte, dont on apprécie le sérieux journalistique, vient de publier la vue de l’exécutif actuellement :
Plusieurs acteurs espéraient que le projet de loi de finances pour 2026 reprenne certaines mesures du rapport final (déplafonnement du versement mobilité, simplification du VM additionnel, augmentation du malus poids, fin des tarifs réduits de TICPE, taxation des colis, nouvelles taxes affectées aux autorités organisatrices). Selon nos informations, Matignon n’a pas prévu de s’en saisir à ce stade. Il y a « une forme de réserve sur les propositions fiscales […] même si ça peut évoluer », indique une source gouvernementale. Matignon se montre ainsi « très réservé » sur une évolution du cadre du Versement Mobilité, même chose pour le malus automobile ou toute évolution de la TICPE dès 2026. La « stabilité fiscale » est le maître mot transmis par François Bayrou à ses équipes. En clôturant la conférence le 9 juillet, Philippe Tabarot avait évoqué la taxe sur les billets de train proposée par les ateliers… mais l’avait aussitôt écartée. Aussi mentionnée par le ministre des transports, la « contribution des chargeurs » pour accélérer le verdissement du transport routier avait été renvoyée au débat parlementaire. Même prudence sur l’écotaxe : « On va voir avec beaucoup d’attention ce qui va se faire dans l’est de la France », avait-il sobrement déclaré.
Les lettres-plafonds des ministères sont attendues d’ici au début du mois d’août. Qu’en est-il pour le ministère des Transports ?
On se souvient peut-être qu’à part la défense seul le budget du ministère de l’environnement (et des transports) était affublé d’une légère hausse. Mais Contexte poursuit :
Le courrier du premier ministre, relatif au plafond de dépenses du ministère des transports pour 2026, pourrait même être envoyé « un peu avant » cette date, selon un conseiller ministériel. Comme l’ensemble des ministères, à l’exception de la défense, les transports devraient être « solidaires » de l’effort demandé par le premier ministre le 15 juillet. Une source au sein du ministère de l’aménagement du territoire relativise toutefois la contribution qui sera demandée au secteur en évoquant une simple « maîtrise du tendanciel ». Cet interlocuteur souligne également la « hausse générale » affichée dans le tiré à part pour la mission écologie, développement et mobilité durables. Cette augmentation de 600 millions d’euros pourrait toutefois s’avérer moindre que prévu en raison des charges de service public de l’énergie dont le niveau n’est pas encore clairement établi.
Nous pensons qu’il était important de relayer ces informations qui ne font que confirmer notre fort septiscisme à l’égard de ce gouvernement, en place apparemment pour provoquer et suivre la catastrophe.
Au niveau ferroviaire on n’est pas près de voir une amélioration quelconque dans les services et dans la modernisation du réseau.
[en logo : Le 9 juillet dernier lors de la remise des conclusions de la conférence à Philippe Tabarot, ministre des Transports]